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La résistance au feu des éléments de construction

La résistance au feu des éléments de construction

Définition

On entend par éléments de construction, les plafonds, sols, murs , cloisons, escaliers, portes , poutres, colonnes, sas, conduits, gaines, clapets, volets, etc., qui sont inclus dans un bâtiment.

En cas d’incendie, ces éléments jouent un rôle fondamental dans la résistance générale au feu du bâtiment,  limitant la propagation de l’incendie, et protégeant  les biens et les personnes.

Objectifs à atteindre

  • Faciliter l’évacuation des personnes ou leur mise en sécurité, en limitant la propagation du feu, et en assurant une stabilité générale du bâtiment.
  • Limiter au maximum la propagation du feu pour protéger les biens et les personnes.
  • Faciliter l’intervention des secours en limitant la propagation du feu et assurant une stabilité générale du bâtiment.

Critères techniques pris en compte

La résistance des éléments de construction au feu, est testée selon plusieurs critères en ordre de progression :

  • La résistance mécanique (stabilité au feu) =  Symbole R  en norme européenne = l’élément ne se déforme pas et ne s’effondre pas.

 

  • L’étanchéité aux flammes et aux fumées (et gaz de combustion) = Symbole E en norme européenne = les flammes et leurs produits de combustion ne passent pas.

 

  • L’isolation thermique = Symbole I en norme européenne = la chaleur ne passe pas .

 

La résistance au feu des éléments de construction est certifiée pour une durée déterminée par un test normalisé.

En France, la hauteur du bâtiment, sa taille, le public admis, et les possibilités d’intervention avec échelles aériennes de pompiers, déterminent la durée de résistance au feu du bâtiment .  

Ces critères de résistance pourront être d’une durée de  15, 30, 60, 90, 120, 180 ,240, ou 360 minutes.

Un élément comme une poutre, classé R 60, résistera au minimum 60 minutes au feu, donc maintiendra son soutien du plafond qu’elle porte, durant ce temps.

Cela correspond à l’ appellation française « stable au feu ».

Un élément comme une porte classée RE 30, sera stable, et étanche aux gaz, fumées et aux flammes pendant 30 minutes. Elle empêchera le feu de passer, mais pas la chaleur.( dans ce cas, le marquage sur l’élément peut n’être que E 30, l’étanchéité aux flammes, fumées et gaz sous entendant une obligation R de stabilité équivalente)

 Cela correspond à l’ appellation française « pare-flamme ».

Un élément comme une porte ou un mur, classé REI 60, sera stable, étanche au gaz, fumées et flammes, et isolant de la chaleur durant 60 minutes. (dans ce cas le marquage sur l’élément peut n’être que EI 60, l’étanchéité aux flammes et fumées, sous entendant une obligation R de stabilité équivalente.)

Cela correspond à l’ appellation française « Coupe-feu ».

Remarques

Les tests se font en laboratoire, en fonction des courbes normalisées généralement internationales (ISO) d’élévation de température dans un laps de temps déterminé, calculé pour figurer un incendie classique.

La charge calorifique d’une pièce, est la quantité de chaleur qui sera dégagée par la combustion de l’ensemble des matériaux combustibles présents dans la pièce au moment de l’incendie. Elle ne doit pas dépasser un seuil déterminé par la réglementation. Il est évident que la résistance de la porte, ou des cloisons, peut être diminuée si la présence de combustible est irraisonnable, et dépasse la charge calorifique maximum prévue pour le bâtiment . Cette charge calorifique à ne pas dépasser, et à contrôler régulièrement, est exprimée  en charge calorifique par mètre carré de surface, ou potentiel calorifique, pour chaque type de bâtiment. Concrètement, cela veut dire par exemple, que si l’on stocke 50 litres d’essence en bidons dans une pièce non prévue à cet effet, et bien la porte certifiée EI 30, qui normalement résiste 30 minutes au feu, là ne résistera plus que 10 minutes.

Les portes certifiées « E I », qui donc sont « coupe-feu » et qui normalement isolent de la chaleur, ont une tolérance de passage de  celle -ci en fin de résistance, traduite en surface par une température de 140° voire ponctuellement de 180° au niveau de la serrure par exemple, qui peut faire un pont thermique .

Certaines portes certifiées «  E ou EI » , sont équipées d’un joint thermique sur leur pourtour, gonflant généralement vers 60° de température, pour assurer l’étanchéité aux gaz et fumées entre leurs huisseries et elles. Il faut bien veiller au bon état de ce joint, et ne pas le peindre.

En France, la mention « Porte coupe-feu, ne pas gêner la fermeture » sur les portes de recoupement des circulations ou « porte coupe-feu à laisser fermer » sur la porte des locaux techniques, est à mettre sur la porte, qu’elle soit certifiée E , ou EI , donc indifféremment pare-flamme ou coupe-feu. En effet, par simplification, on ne présente pas la différence technique au grand public.

Une certification EI 120  (coupe-feu deux heures) de bâtiment peut être obtenue par un SAS comportant 2 portes certifiées E 60 (pare-flamme 1 heure) (voire E 30) , et l’espace d’air  contenu entre les deux.

En cas de changement de serrure, il faut mettre une serrure ayant une résistance équivalente au feu. Toute perforation ou modification de la porte sans l’agrément du constructeur, lui fait perdre sa certification.

Une porte uniquement métallique, ne résiste pas au feu. Elle conduit très bien la chaleur, et se tord avec  la montée en température , laissant passer le feu. Il faut qu’elle  soit garnie intérieurement d’un élément isolant (plâtre, laine de roche, matière réfractaire, etc.) pour qu’elle puisse être certifiée résistante au feu.

Une porte massive en bois de 40 mm d’épaisseur sur toute sa surface, assure généralement (avec une serrure résistante au feu) une résistance minimum « coupe-feu » de 15 minutes sans même avoir été testée. Mouillée, elle prolonge sa résistance, permettant d’attendre l’arrivée des secours.

 

Alain P.

Professeur lycée des métiers de la sécurité



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