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Alarme : comment ça marche ?

L’ALARME, COMMENT CA MARCHE ?          


    


I Tout d’abord un peu d’histoire


Dans les temps anciens, lorsque les guetteurs d’ une place forte (château, cité fortifiée etc.) apercevaient un ennemi arriver, ils sonnaient un coup d’olifant et criaient : « A l’Arme ! » pour prévenir l’ensemble des personnes du site de prendre leur arme, et se préparer à se défendre.


Ensuite, s’il fallait chercher du secours à l’extérieur, on envoyait une personne alerte, c’est-à-dire  très agile et vive, pour se faufiler entre les lignes ennemies et ramener des renforts extérieurs au site. Nous avons là, l’origine des termes.


Donc l’alarme est le fait de prévenir les occupants d’un site, et l’alerte, le fait de prévenir les secours extérieurs au site (Pompiers, police, Samu, etc.).


II Définitions réglementaires (règlement de sécurité des établissements recevant du public ERP)


L’alarme générale est le fait de prévenir tous les occupants d’un site, d’un problème important et urgent, et généralement d’évacuer.


L’alarme générale sélective est le fait de ne prévenir que l’ensemble du personnel d’un site (hôpital par exemple), pour ne pas affoler les malades.


L’alarme restreinte est le fait de ne prévenir que le service de sécurité dans un premier temps (5 minutes au maximum) d’un site, pour vérifier l’origine de l’alarme, si l’on a un doute sur sa justification, et diffuser le signal l’alarme générale seulement si nécessaire  .


III Le matériel en ce qui concerne l’alarme incendie



Nous examinerons ce matériel qui fait partie intégrante des systèmes de sécurité incendie, sans présenter l’ensemble des systèmes de sécurité incendie dans cet exposé.


Les 5 systèmes de sécurité incendie (SSI A, B ,C, D, E)) normalisés existants sont des ensembles de matériels qui assurent les fonctions d’alarme et de mise en sécurité incendie des biens et des personnes sur un site, en cas d’incendie.


Les moyens pour donner l’alarme



  • la voix humaine directe, ou par téléphone intérieur

  • Le sifflet, la cloche, la corne, ou aussi des boitiers électriques muraux sur batterie ou pile, comprenant un déclencheur manuel et un diffuseur sonore, constituent le système d’alarme de type 4, pour les petits ERP.

  • Les système d’alarmes des types 2 et 3, sont constitués :

  • D’un ensemble de déclencheurs manuels répartis dans tout le bâtiment (petits boitiers rouges fixés au mur des circulations qui fonctionnent comme un interrupteur électrique, et permettant à toute personne de déclencher l’alarme incendie par pression avec la main).

  • De diffuseurs sonores (Haut-parleur fixé dans un boitier mural), émettant un son modulé spécifique et  répartis dans tout le bâtiment.

  • D’une alimentation électrique généralement par batteries maintenues chargées en permanence par le secteur EDF.

  • D’une signalisation (lumineuse et sonore) Voyants situés soit sur l’ unité de gestion des alarmes du centralisateur de mise en sécurité incendie (SSI B), soit sur une unité de gestion des alarmes seule (petit boitier situé généralement dans le poste central de sécurité d’un site (SSI C et D)) et d’une temporisation électronique.


 



  • Le système d’alarme de type 1 (inclus dans le SSI A, ou installé seul) est constitué de :

  • Des détecteurs d’incendie et des déclencheurs manuels , un équipement de contrôle et de signalisation, des indicateurs d’action, des lignes de transmission, des diffuseurs sonores, et une alimentation électrique par secteur et batteries pendant 12 heures en cas de panne de secteur.


Le fonctionnement des détecteurs d’incendie


 Le détecteur de fumée  à diffusion (très répandu, c’est entre autre celui du particulier) :


Il s’agit d’un petit boitier ouvert à l’atmosphère ambiante, fixé généralement au plafond d’une pièce, et qui contient une cellule photo électrique sensible au rayonnement infrarouge. Face à cette cellule, il y a un cache lumière , et derrière une petite diode électroluminescente émettant de la lumière infrarouge en permanence.  


Si de la fumée rentre dans le boitier, les particules aérosols de celle-ci vont en s’approchant du cache-lumière, réfléchir la lumière infrarouge de la diode en direction de la cellule photoélectrique. Immédiatement cette dernière produit un micro courant électrique qui déclenche le signal d’alarme.


Le détecteur de fumée à opacité (intéresse surtout des grands locaux de stockage) :


Il y a  à une extrémité d’une pièce, un émetteur permanent de rayon infrarouge fixé en hauteur. A l’autre extrémité, exactement dans son axe un récepteur permanent.  Si un nuage de fumée monte au plafond, il va couper le rayon infrarouge, ce qui déclenche l’alarme au niveau du récepteur.


Le détecteur de chaleur thermostatique (équipe par exemple les endroits poussiéreux) :


C’est un petit boitier équipé d’une résistance thermoélectrique (thermistance) traversée en permanence par un courant électrique. Si de la fumée chaude ou des gaz chauds la touchent et la chauffent à une certaine température (68° par exemple), elle fait varier l’intensité du passage du courant qui la traverse, ce qui déclenche l’alarme. Sa température de déclenchement est fixe.


Le détecteur de chaleur thermo-vélocimétrique (équipe beaucoup les cuisines)


C’est un petit boitier équipé d’une résistance thermoélectrique traversée en permanence par un courant électrique. Si de la fumée chaude ou des gaz chauds la touchent en faisant varier sa température dans un temps donné (par exemple augmentation de 4° en trente secondes), cela fait varier l’intensité du courant électrique qui la traverse et déclenche l’alarme. Ce type de détecteur est toujours doublé d’une fonction thermostatique (par exemple 68°) si la température de la thermistance augmentait plus lentement que son calibrage. Ce détecteur se déclencherait alors comme un détecteur thermostatique.


Le détecteur de flamme à ultraviolet  ( protège un local  où le combustible va faire immédiatement une grande flamme très lumineuse)


C’est un petit boitier équipé d’une ampoule transparente qui possède en son intérieur 2 électrodes sous tension, espacés l’un de l’autre, et noyés dans un gaz sensible aux rayons ultraviolet émis par une flamme. Si une flamme s’allume, immédiatement ses rayons UV traversent l’ampoule et le gaz devient conducteur du courant. Le courant circule alors entre les deux électrodes, ce qui déclenche l’alarme.


Le détecteur de flamme à rayon infrarouge (protège un local où le combustible va faire des flammes et des braises mais ou on ne peut mettre de détecteur de fumée à cause de la poussière permanente par exemple, ni de détecteur de chaleur car le feu peut se déclarer lentement)


C’est un petit boitier possédant une cellule photoélectrique sensible aux rayons infrarouges émis par le feu. Si un feu se déclare, la cellule recevant ses rayons infrarouge, produit alors un courant électrique qui donne l’alarme.


L’équipement de contrôle et de signalisation (ECS = norme européenne)


C’est un tableau électrique qui contrôle l’état des détecteurs et des déclencheurs manuels (état de veille, d’alarme incendie, ou défauts techniques), et qui signalise ces états par des voyants lumineux (vert = veille, rouge = alarme incendie, jaune = défaut technique) un écran vidéo pour les ECS adressables, et des signaux sonores. L’ ECS est souvent appelé par barbarisme centrale d’alarme.


Remarques :


Les ampoules d’eau et d’alcool colorés, ou les plaquettes d’ alliage fusible métallique qui équipent les têtes d’arrosage du système d’extinction automatique à eau « Sprinkler », sont des détecteurs thermostatiques .


Les détecteurs de fumée destinés aux particuliers sont des détecteurs autonomes avertisseurs, qui ne sont pas reliés à un ECS.


 


Alain Parbeau.


Ancien professeur «lycée  métiers de la sécurité ».



Auteur .

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