Secourisme : les nouvelles références techniques nationales entrent en vigueur
Un arrêté du 7 juillet 2026 refond le contenu des formations aux premiers secours en France, du grand public au secouriste professionnel.
Publié le 16 juillet 2026
Le Journal officiel du 11 juillet 2026 a publié un arrêté du ministère de l'Intérieur (arrêté du 7 juillet 2026, NOR : INTE2618304A) qui fixe de nouvelles « références techniques nationales » dans le domaine de la formation aux premiers secours. Ces documents deviennent la base officielle, unique et obligatoire de l'enseignement du secourisme en France. Ils remplacent les anciennes « recommandations » de décembre 2023 et marquent une actualisation en profondeur des gestes et des procédures enseignés.
Un cadre réglementaire renouvelé
Jusqu'ici, les contenus de formation reposaient sur des recommandations élaborées par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). L'arrêté du 7 juillet 2026 change de statut : il instaure des références techniques nationales qui précisent les contenus de formation et s'imposent à tous les organismes habilités et associations agréées de sécurité civile — services d'incendie et de secours, Croix-Rouge française, Protection civile, Fédération française de sauvetage et de secourisme, et l'ensemble des acteurs de la formation.
Le texte précise pour chaque diplôme les annexes applicables : les gestes qui sauvent (GQS), les premiers secours citoyen (PSC), les unités « secouriste » (PSE1) et « équipier secouriste » (PSE2), ainsi que les formations de formateurs (FPSC et FPSE), qui doivent maîtriser plusieurs annexes à la fois. Une souplesse pédagogique subsiste : pour le GQS, un organisme habilité peut adapter les dispositions pédagogiques, sous réserve de faire valider un référentiel interne par le ministre chargé de la sécurité civile.
Trois niveaux, du citoyen au secouriste
Les nouvelles références couvrent l'ensemble du parcours de formation, organisé en trois documents complémentaires :
- GQS – Gestes Qui Sauvent : la sensibilisation grand public, courte, qui vise l'objectif national de 80 % de citoyens formés aux gestes d'urgence. Son contenu technique est aligné sur celui du PSC, en version allégée, pour assurer la cohérence de l'apprentissage.
- PSC – Premiers Secours Citoyen : la formation citoyenne de référence, qui succède au PSC1. Plus complète, elle couvre les hémorragies, l'obstruction des voies aériennes, l'arrêt cardiaque et la défibrillation, les malaises, les brûlures et les traumatismes.
- PSE1 / PSE2 : les référentiels des secouristes et équipiers secouristes, soit près de 400 fiches. Ils décrivent la prise en charge en équipe, de l'hygiène et l'asepsie aux bilans, en passant par les urgences vitales, les traumatismes, le relevage et le brancardage.
Chaque référentiel est bâti sous forme de fiches classées en trois familles : apports de connaissances (AC) — le « pourquoi » —, procédures (PR) — la conduite à tenir — et fiches techniques (FT) — le geste précis. Les fiches sont organisées selon la logique de rechercher et traiter en priorité « ce qui tue en premier ».
Ce qui change concrètement
Ces référentiels signalent eux-mêmes leurs évolutions, fiche par fiche et par date de mise à jour, les nouveautés étant surlignées. Dans le seul référentiel PSE, plus d'un tiers des fiches sont nouvelles ou entièrement réécrites en juillet 2026. Parmi les évolutions notables :
- une distinction claire entre l'arrêt cardiaque pris en charge « en équipe » et « en sauveteur isolé », avec deux procédures désormais séparées ;
- le recours à la gaze imbibée de substance hémostatique dans la prise en charge des hémorragies externes ;
- de nouvelles fiches techniques : mesure de la saturation pulsée en oxygène, de la glycémie capillaire et de la température ;
- une procédure de « deuxième regard » lors du bilan, pour renforcer la surveillance de la victime ;
- des apports actualisés sur la crise d'asthme et le malaise hypoglycémique chez le diabétique ;
- une réorganisation des fiches sur la protection contre le risque infectieux et la gestion des déchets de soins.
Le document rappelle toutefois une limite de lecture : les éléments ajoutés sont surlignés, mais les éléments supprimés ne sont pas signalés. Une comparaison fiche à fiche avec l'édition précédente reste donc nécessaire pour identifier toutes les modifications.
Une portée juridique à ne pas négliger
Les référentiels l'indiquent explicitement : ces références techniques nationales « sont susceptibles de produire des effets de droit, notamment dans l'examen des responsabilités des acteurs qui ne les auraient pas respectées ». Pour les formateurs comme pour les organismes, il devient essentiel d'aligner rapidement supports pédagogiques, matériel et pratiques d'enseignement sur ces nouvelles versions. Concrètement, cela suppose de revoir les fiches de séquence, de mettre à jour les mannequins et consommables concernés (garrots, substances hémostatiques, oxymètres, lecteurs de glycémie…) et de sensibiliser les équipes pédagogiques aux nouveautés.
Où consulter les référentiels
Les trois annexes sont consultables sur le site du ministère de l'Intérieur, à la rubrique « Les recommandations et les référentiels » de la sécurité civile : interieur.gouv.fr – Recommandations et référentiels.
Le texte réglementaire complet est, lui, accessible sur Légifrance : Arrêté du 7 juillet 2026 (Légifrance).
En résumé
Cet arrêté ne se contente pas de réorganiser la documentation existante : il actualise en profondeur les gestes et procédures enseignés et en fait la norme opposable du secourisme français. Formateurs, associations agréées, organismes habilités et candidats aux formations GQS, PSC et PSE ont tout intérêt à prendre connaissance de ces nouvelles références dès à présent, et à adapter leurs formations pour rester en conformité.
Sources : arrêté du 7 juillet 2026 (JORF n° 161 du 11 juillet 2026, texte 4, NOR INTE2618304A) ; références techniques nationales GQS, PSC et PSE1/PSE2, version de juillet 2026, ministère de l'Intérieur.
